samedi 20 février 2016

"Bovary, pièce de province", pièce de théâtre de M. Moritz Dinoponera, compagnie Howl Factory (2014)


    Bovary, Pièce de Province est une pièce de théâtre "d'après le roman de Gustave Flaubert" Madame Bovary. Cette adaptation et cette mise en scène ont été réalisées en 2013 par Mathias Moritz, un artiste de théâtre contemporain né en 1983 et créateur en 2006 de la compagnie Dinoponera / Howl Factory. 

     La pièce de théâtre se concentre sur le personnage de Charles Bovary, mari d'Emma et médecin de campagne qui est présent du début à la fin du roman à l'inverse de son épouse qui donne pourtant son nom pour le titre. L'auteur a d'ailleurs choisi d’appeler le spectacle Bovary, Pièce de Province en référence au sous-titre Mœurs de Province du roman mais aussi de supprimer le Madame pour s'axer d'avantage sur le personnage de Charles. Lors d'un interview de Caroline Cutaia, Mathias Moritz nous explique les enjeux de sa réécriture, de son adaptation.


     Le spectacle met en scène 11 acteurs qui jouent durant 3h30 les 48 personnages du roman et les nombreux éléments qui forment la vie de Charles Bovary de façon crue : l'école et le vol de la casquette, les conflits entre ses parents, l'étude de la médecine, son abandon et ses tours dans les bars, sa relation avec sa première épouse, sa rencontre avec Emma etc... La continuité de l'histoire est alors assez bien respectée. 

     Dans cette pièce de théâtre, le personnage est d'Emma semble torturé, peut-être davantage que dans le roman, à la manière d'une héroïne tragique. L'ennui est son terrible ennemi et lui fait faire des folies. Le personnage de Charles, au centre de la pièce, ne désire lui qu'être heureux ; et le jeu d'acteur le fait passer du docteur à l'imbécile, de l'époux au fils torturé : l'homme rêvait de théâtre et sa vie en devient un où il paraît autant acteur que spectateur. D'ailleurs, lorsqu'Emma meurt, il rejoue sa femme. Entre ses joies et ses malheurs, on se concentre réellement sur la réussite et la déchéance du médecin. 

     Moritz dit d'ailleurs "Madame Bovary c'est lui, Flaubert c'est nous". L'enjeu de cette pièce est pour l'auteur de saisir les éléments qui sont laissés obscurs et entre parenthèses dans l'oeuvre de l'écrivain pour aboutir à une modernisation, notamment par la mise en scène contemporaine. Madame Bovary résonne alors encore dans nos mœurs modernes avec cette volonté de réussir et cet ennui caractéristique. La réécriture poussée et sa mise en scène ne sont au final qu'un représentation de la vie, d'une vie moderne à la Bovary. 


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